mardi 14 avril 2015

Les bons conseils

Par le plus grand des hasards, je me retrouve devant un article du magazine Capital, superbement titré "Les bons conseils des immigrés qui ont réussi en France" (traduction : on a trouvé un échantillon de pas-bien-de-chez-nous qui ont réussi à se trouver des tafs à plusieurs fois le smic sans dealer, ni ni frauder les allocs, et c'est tellement rare nesseuhpa). 


Déjà, tu remarqueras que naître en France ne t'enlève pas ta qualité d'immigré, et que immigré ou enfant d'immigré c'est un peu la même chose, y a juste un petit voyage de quelques heures/jours et la vie dans deux pays différents, mais au bout du compte tu restes une personne avec une tronche et un blaze chelou, puis Saint-Etienne ou la cité des Francs-Moisins c'est un peu pas vraiment la France, non? Donc tu nous emmerde pas avec la sémantique, c'est tout kif kif.

Outre la définition de la réussite qui m'interroge, parce qu'apparemment tu peux pas considérer avoir réussi si t'as pas ton gros cul dans un fauteuil en cuir en haut d'une tour à la Défense, je suis un peu tristoune (attends je me tire un poil de nez pour faire couler la larme qui va bien) de voir que quand tu as eu la chance de surmonter un certain nombre d'obstacles, tu peux te permettre d'enfoncer les gens qui sont encore victimes du merdier duquel tu penses t'être extrait en expliquant combien c'est facile de s'en tirer, quand t'en es carrément pas à nier les obstacle. 

Parce que cet article, qui a aussi choisi ses exemples avec une certaine idée de ce que sont la réussite et le mérite, nous présente des personnes qui ne votent à mon avis pas particulièrement pour LO.

Bref.

Allez pour résumer mon sentiment, petit extrait d'une interview de Casey, chez Article 11

C’est qui, pour les nommer, les « adversaires » ?
C’est là que c’est compliqué. La société, on en fait nous aussi partie. L’adversaire, ce n’est pas aussi ciblé que le policier, l’huissier... – t’as ça aussi, parce que ça ce sont des formes politisées, des gens qui ont des ordres.
Mais au-delà d’eux, celui qui est, pour moi, l’adversaire, c’est celui qui reconnaît le système tel qu’il est. Et t’en as plein, même en quartier, qui reconnaissent le système tel qu’il est fabriqué. C’est juste qu’ils n’en font pas partie : demain, quand ils en feront partie, ce seront exactement les mêmes enculés.

Ouaip, t'as raison meuf, et c'est pour ça qu'il faut tout changer.

Allez venez on est déjà plein.