jeudi 11 avril 2013

Docteur, docteur / industrie, industrie (facepalm massif)


Réaction à un article de francetvinfo , porté à ma connaissance par GMZ (moi dans ma tête ça se prononce Djièmzède, je trouve ça trop classe), elle même mise au parfum par Valérie-Georgette.



Chère docteure Eve-Laure Maugis, chère visiteuse médicale,


Je passerai sur la qualité de la prose, qui est effectivement à chier - mais c'est pas votre faute, merci Gaelle-Marie pour la barre de rire au passage.

Je voudrais juste que l'on parle (nan en fait c'est moi vous parle), de cette phrase :
"Au moins, les femmes se sont rendu compte que la pilule n’était pas un bonbon"

 Attends, juste les italiques ça fait pas assez poufiasse.
"Au moins, les femmes se sont rendu compte que la pilule n’était pas un bonbon"

Voilà, comme ça, ça va mieux, j'essaie de coller à l'image de la cruche que vous pensez que je suis, que nous sommes toutes. 

Vous considérez vraiment les patientes comme de sombres connes.

Toi docteur, tu as décidé de leur changer leur contraception sur des prétextes à forte valeur scientifique ajoutée ("on ne va pas aller dans le sens inverse de la vague" - merci docteur, mon volailler il dit ça aussi. Quand le dimanche il est en rupture de stock de boudins blancs, il en prépare plus pour la fois suivante).

Elles te paient pour avoir des conseils, des conseils que tu leur devais depuis longtemps, mais apparemment, ça fait seulement quelques mois que tu te dis que oui, c'est vrai, tu as effectivement fait médecine et pas elles, et que ça serait bien en fait qu'elles soient un peu plus au courant de ce qu'elles se mettent dans le corps. ("la gynéco explique le long travail de pédagogie qu’elle a dû mener ces derniers mois"). Mais c'est chiant, hein, ça prend du temps et leur expliquer des choses évidentes, merci, quoi.

Ca transpire la condescendance, et le mépris pour ces femmes qui ont eu le mauvais goût, finalement, de ne pas prendre en main leur santé, parce qu'elles pensaient naïvement que toi et tes confrères et consoeurs alliez le faire. Et au lieu de les rassurer, en leur donnant "l'autre moitié de l'information", tu fais du changement de prescription en masse, en reproduisant finalement les réflexes pourris des gynécos qui ont justement causé le scandale de la pilule 3G. cf billet précédent

Et toi, la "représentante de l'industrie pharmaceutique",  si tu incites des médecins à prescrire tes produits en utilisant des arguments dégradants pour nous, autant te dire que ça me fout les glandes, de m'imaginer un médecin et un VM, dans la chaleur des bougies et des fauteuils en cuir, qui se gaussent de la connerie de ces nanas, là, à qui on peut refourguer ce qu'on veut, de toute façon, on les tient par les ovaires. Et sur l'anecdote de la femme qui a pris une pilule du lendemain, tu te dis pas que c'est l'information à laquelle elle a accès qui pue du cul?

Pour finir, et dans un registre un peu plus apaisé, j'ai une vraie question. Si j'ai bien pigé l'article (mais c'est pas sûr, tu sais, moi la géographie, déjà que la contraception c'est pas ça - *hochement de tête et rire niais*)  les deux médecins partagent la salle d'attente, ils ont donc deux bureaux qui sont, allez, à environ 3 mètres l'un de l'autre?.. et on s'aperçoit qu'ils n'ont pas mis en commun et harmonisé leurs stratégies de prescription. 

Ca me choque, encore plus que les mots cités ci-dessus. Tu as un problème sanitaire d'énorme envergure, et tu te dis pas "tiens, je vais en discuter avec le/la collègue, et peut-être qu'on trouvera un truc intelligent à faire". Alors si ça ne se passe pas dans le même cabinet, t'imagines bien qu'au niveau national, c'est la foire à la saucisse, et que sous prétexte d'indépendance des médecins, on les a laissé et on les laisse encore faire n'importe quoi.

Puis l'angoisse quoi. Tu vas dans un cabinet, tu te dis que ton praticien, selon qu'il sera derrière la porte de gauche ou de droite, te préconisera une solution totalement différente.

Il paraît que la science est une réponse au dogmatisme. Mais comment on fait quand les médecins sont dogmatiques dans leurs pratiques?