mercredi 6 mars 2013

Ces pétasses jamais à leur place

Spéciale dédicace ce matin à Christophe Barbier, qui trouve que décidément les femmes, ces connes, feraient mieux de creuser un trou à même le sol pour s'y planquer, parce qu'on ne sait pas quoi en faire.

Alors, toi, femme, Fââââme, tu as deux choix, aussi pourris l'un que l'autre, pour faire la couv de l'Express :

Soit tu te roules dans tes rideaux et tu cries "Allah Akbar" dans la rue, pour bien montrer que tu es une islamiste soumise. Tu ne peux bien entendu le faire qu'en allant chercher tes gosses, parce que c'est le seul truc que tu as le droit de faire, sinon ton mari te coupe le nez.





Ca s'appelle l'islam sans gêne.



Soit tu montres tes seins en poussant des cris de Néanderthal, ou tu fais écrire (parce que tu ne sais pas écrire, hein, tu es une femme) un bouquin sur ton cul et celui d'un gars déjà connu pour ses habitudes dégueulasses et violentes.


Ca s'appelle l'arme du sexe.

Comme ça au débotté, je ne crois pas avoir entendu parler des Femen qui donneraient des grands coups de vagin à leurs opposants, tiens prends ça dans ta gueule, et avec mes règles par dessus, comme ça si tu saignes pas tu saignes quand même. (au passage, pour les nuls en anatomie, un bazooka, ça rentre pas)

La guerre à coups de grandes lèvres.

Et le malaise des hommes... aaaaaah. Bon, j'ai pas eu le coeur à mettre des sous dans un numéro de l'Express, aussi je ne sais pas ce que raconte la feuille de chou. Mais le malaise des hommes... elles font quoi les femmes? Elles prennent leur place à elles. La même que celle des hommes. Pas en dessous, pas au dessus, pas derrière, ni devant. Elles se mettent au même niveau.

Elles font des succès de librairie avec de la merde, elles manifestent pour leurs droits. Le gars qui est parti se coller en haut de sa grue, il n'a pas provoqué de malaise pour la presse, ou pour les femmes, juste par son action. Il a même reçu l'attention de ministres, de la presse qui a recommencé à se poser des questions sur le statut des hommes dans les couples divorcés. Ca a au moins eu cet impact là, et c'est très bien. Bon ce con s'est tiré une balle dans le pied, il a pour le coup provoqué un malaise quand il s'est mis à questionner la partialité d'institutions majoritairement féminines, avec des arguments bien mysogines comme il faut, juste parfait pour passer pour un gros connard et desservir sa cause. Comme si je disais qu'aux impôts, les employés, majoritairement masculins, vont systématiquement redresser les nanas, parce que leur courte vue sexiste remplace leur professionnalisme.

Les Femen montrent leurs seins parce qu'elles utilisent le système pour se faire entendre. La caméra va là où il y a du nichon. Mais ce qui est marrant, c'est que des nichons qui se taisent, comme dans les pubs, ça va. Mais des nichons qui te disent merde, là ça fait chier quand même. Ce qui est dommage avec les Femen, c'est juste que le message est brouillé par les seins. Mais en même temps, tant qu'on en aura quelque chose à foutre des seins, on aura ce problème (c'est le serpent qui se mord la queue - on est en plein dans le sujet avec cette expression :))

Vous savez,  les mecs, leur bite est là, elle sera toujours là, sauf s'ils ont un accident en passant la tondeuse à gazon. Mais dans ce cas, ce ne sera pas la faute des femmes.

Accepter que les femmes vivent sans avoir forcément besoin des hommes, qu'elles se construisent hors de ce référentiel, c'est se libérer aussi des présupposés "privilèges" accordés aux femmes. Le jour où les femmes auront un accès égal, dans les mêmes conditions, à l'emploi, aux études, à la considération, elles ne seront pas quasi-systématiquement reléguées à la maison pour s'occuper des mômes au premier coup dur. Elles ne seront pas plus spécialisées que les homems dans les soins aux enfants, parce que les deux membres du couple seront en charge des mêmes choses, pour le même temps consacré. Elles ne seront pas jugées plus aptes à s'en occuper an cas de divorce, bref j'en ai des caisses comme ça.

Malheureusement, les hommes paient aujourd'hui des siècles de soumission des femmes : alors que les données démographiques changent assez vite (femmes plus diplômées, plus indépendantes, plus libres pour beaucoup de choses), les usages, normes et mentalités ont du mal à bouger. On nous ressert ad libitum les mêmes conneries sur la place de l'homme dans la société, et comme c'est de moins en moins vrai,  l'instinct de survie pousse la société à voir cette évolution comme une menace. Les hommes doivent aussi se libérer de ce carcan qui les désigne d'office comme les chefs de famille, les breadwinners, et vivre leur vie comme ils l'entendent, que ce ne soit plus une honte pour un homme de rester à la maison s'il le souhaite pour s'occuper de ses mômes.

C'est triste, on en arrive à ce que les femmes deviennent un ennemi, au même titre que les bougnoules et les francs-maçons pour Barbier.

 On entre dans une ère d'opposition forte entre toutes les catégories jugées différentes, y compris quand ces catégories représentent chacune la moitié de la population.