samedi 11 avril 2009

Quand on est femme on est un con

Il paraît que dans la vie d'une femme, il y a deux événements importants : le mariage et l'accouchement, qui te permettent de t'affirmer en tant que femme parce qu'une nénette célibataire sans enfant c'est pas une femme, c'est autre chose, c'est moisi de la moule, ça pue et ça fait rien qu'à claquer son fric qu'elle a gagné elle-même dans des trucs futiles au lieu de participer au repeuplement la planète, pute d'égoïste, sodomite. Pour avoir traversé les deux épreuves, je trouve que c'est surtout un moyen de se rendre compte à quel point la société a intégré que la femme est et restera, malgré tous les efforts entrepris pour leurrer le monde, une grosse conne bonne qu'à torcher des gosses. Je m'en doutais depuis longtemps,mais j'en ai eu confirmation lors de ma récente grossesse.

Un jour,je reçois dans ma boîte à lettres (la vraie hein celle qui s'ouvre avec une clé. Bande de geeks va) un gros fascicule de la Sécu sur la grossesse et le suivi du gniard une fois au grand air, adressé à moi, la maman. Ca parle examens médicaux, hygiène de vie, visite du chiard chez le médecin et allocations familiales. Que des trucs passionnants qu'une mère se doit de savoir. Et sur la couverture il y a une jolie madame qui embrasse son ventre d'un regard plein d'amour et dedans de jolies photos de mamans blondes avec un bébé blond dans les bras, et de jolies photos de bébé qui font coucou sous la couette,le tout habillé de bleu et rose pastel, avec des petits papillons.

Quelques mois plus tard, je reçois dans ma boîte à lettres (toujours la même, celle avec la clé) une lettre un peu épaisse adressée à M. Hamster, du Ministère de la Famille. C'est un petit fascicule tout fin, tout merdique dans sa mise en page, couleurs primaires bleu-blanc-rouge parce que ça rigole pas, avec écrit dessus "Livret de Paternité". Et dedans de précieux conseils sur la transmission du nom et son cadre juridique, les devoirs des parents envers l'enfant et vice versa (véridique : ton gamin est même pas né qu'on t'informe déjà que tu pourras l'attaquer en justice s'il ne s'occupe pas de toi quand il sera grand et en train de construire sa vie alors que tu seras vieux et mou de la nouille), et surtout, on t'informe que ton enfant te doit honneur et respectet qu'il est encore temps de te procurer un martinet.

A la mère les considérations de la vie quotidienne, les vaccins et les visites à la sécu, l'amour inconditionnel et le torchage de cul, que du concret quoi. Quant au père, l'état l'incite naturellement à réfléchir à ces valeurs abstraites que sont le respect et l'autorité, tout en lui donnant un éclairage sur quelques points de droit de la famille, notions trop compliquées popur que l'on se fatigue à les expliquer à la future mère, qui sera trop occupée à trouver une nounou pour s'inquiéter de transmettre son nom à son môme, puis bon, le droit, c'est pas une affaire de femmes, c'est connu qu'elles préfèrent lire la rubrique sexo de Cosmo.